Publié par : Jad Chacra | octobre 31, 2010

En ville, la nuit est devenue objet de conflits

Les centres-villes sont de plus en plus confrontés aux problèmes des nuisances sonores et de l’insécurité. Comment faire cohabiter la nuit qui dort et la nuit qui s’amuse ? Une équation difficile à résoudre pour les municipalités.

Paris, Rennes, Strasbourg, et bien d’autres grandes villes françaises cherchent la solution aux maux de la nuit (Charte de la nuit rennaise du 11 septembre 2009). Les centres villes deviennent le terrain de conflits entre la ville qui dort, la ville qui travaille et celle qui s’amuse. Une situation souvent illustrée par la presse locale comme dans cet article du 24 octobre 2010 du Télégramme intitulé « Nuit rennaise. La coupe déborde ». Dans cet espace/temps, deux mondes s’opposent et ne parviennent pas toujours à s’entendre.

Luc Gwiazdzinski, géographe, Professeur associé à l’université Louis Pasteur de Strasbourg, directeur de la Maison du temps et de la mobilité de Belfort-Montbéliard, s’est penché sur la question de la nuit urbaine. Il est l’auteur de La Nuit, dernière frontière de la ville (Éditions de l’Aube, 2005). Selon lui, la nuit, autrefois symbole « de l’arrêt de toute activité » et du « temps du repos social », a connu, à partir du XIXe siècle, un profond bouleversement.

Un nouveau rythme de vie

Plusieurs raisons à cela. Pour le géographe, c’est d’abord l’avènement de « l’éclairage public qui a permis le développement d’activités et d’animations nocturnes ». De la même manière, la société industrielle est venue imposer un nouveau rythme de vie à chacun : fonctionnement en continue des entreprises, banalisation du travail de nuit, transport public fonctionnant 24 heures sur 24, etc. Des phénomènes qui ont permis la conquête de la nuit.

Aujourd’hui, cette conquête a entraîné l’apparition de nombreux conflits : nuisances sonores et insécurité en tête. À Paris, où se tiendront les 11 et 12 novembre prochains des états généraux de la nuit, la question oppose riverains et consommateurs de soirées sur un forum spécialement dédié. Idem à Bordeaux où s’est créée une association portée par son président Stéphane Pusateri. Ce dernier dénonce régulièrement les travers des nuits bordelaises et le manque d’intervention des pouvoirs publics sur son blog.

Dans cette opposition, chacun défend son intérêt. Au centre, les municipalités semblent tiraillées entre la volonté de faire vivre la nuit et les attentes, légitimes, des habitants en quête de repos. Dans un entretien accordé à l’Express en 2005, Luc Gwiazdzinski préconise d’ouvrir « un ou plusieurs pôles, avec des bars, des boîtes, des restos, mais aussi des services sociaux, des commerces, des médecins, des forces de police. Des oasis dans le désert urbain. » Et d’ajouter : « On a tout intérêt à animer la nuit. Sinon, la seule réponse, ce sera la police et les caméras. À Oviedo, en Espagne, l’ouverture des centres socioculturels et des salles de sport jusqu’à 1 heure du matin a fait baisser la délinquance de 25 %. »

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