Publié par : alanloquet | novembre 11, 2010

Quand chômage rime avec tabagisme

Roselyne Bachelot-Narquin, l’actuelle Ministre de la santé et des sports a annoncé récemment les derniers chiffres sur la consommation de tabac. Chômeurs et classes sociales défavorisées sont notamment pointés du doigt. La faute à la crise ?

L’équation est simple selon Roselyne Bachelot : crise économique plus licenciements et stress nous font pratiquement 50 % des chômeurs accrocs à la cigarette. La Ministre de la santé, interviewée lundi dernier au micro de RMC fait écho à la dernière étude de l’Institut de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). A entendre l’ancienne Ministre de l’écologie, la consommation de tabac augmenterait donc mécaniquement avec la hausse du nombre de chômeurs.

Cette explication confirme la thèse de Robert Molimard. Le tabacologue, interrogé en 2006 sur le lien entre précarité et tabagisme, avait prévu cette augmentation, tout du moins le maintient du nombre de fumeurs-chômeurs. « Toute période de crise favorise les comportements addictifs, précise Robert Molimard. Pendant les guerres, l’alcoolisme et le tabagisme croissent. Je crains qu’avec la période difficile qui s’annonce, et la paupérisation, aussi paradoxal que cela puisse paraître, le nombre de gros fumeurs ne diminue pas ».

La cigarette est d’autant plus convoitée que le stress est prégnant chez le chômeur. Le tabagisme caractérise une catégorie spécifique dans la société. Les personnes considérées comme précaires ont une probabilité plus élevée de griller une blonde ou une roulée que le reste de la population. Une étude canadienne s’est penchée sur l’environnement du fumeur : tensions, solitude et pressions sociales caractérisaient la vie du panel interrogé.

La récente augmentation du prix du tabac ne va pas aider les chômeurs et autres précaires. A entendre Patrick Peretti-Watel, sociologue à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), cette hausse de 6% va modifier encore plus les comportements. « Les fumeurs très précaires ou issus de milieu populaire préfèrent renoncer à d’autres achats de consommation courante que ceux de tabac, explique le sociologue. Comme si la cigarette n’était pas un poste budgétaire. »

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Responses

  1. […] reste aussi possible de profiter de son temps libre pour bouquiner, se promener et… fumer ! C’est Roselyne Bachelot, la ministre de la santé, qui le dit.  »A […]


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