Publié par : mariegouret | novembre 26, 2010

« Pas de travail, pas de problème »

Les chiffres du chômage pour le mois d’octobre 2010 viennent de paraître et après deux mois de hausse consécutive, ils sont en baisse pour le mois d’octobre de 0,3 %. Dans une interview donnée au Parisien, le directeur général de Pôle emploi, Christian Charpy, annonce un taux de chômage de 9% pour l’année 2011. Le chômage a été perçu différemment par les sociétés à travers ces dernières années et il est encore en train de vivre une révolution. Etre au chomage n’inquiète plus forcément et pour certains est même synonyme de liberté, plaisir ou encore véritable mode de vie.


Le chômage n’est pas un phénomène récent, mais la façon dont il est vécu a énormément évoluée. Jusqu’au début du XXe siècle, le chômage était souvent considéré comme volontaire dans le sens où les gens qui ne travaillaient pas étaient considérés comme des gens qui ne se donnaient pas les moyens de travailler. Au moment de la Dépression des années 1930, le chômage prend une autre valeur avec la crise économique du moment et l’on parle alors de chômage subit ou involontaire qui, par son ampleur, entraîne des problèmes économiques et sociaux.

Made in USA

Les temps changent et maintenant le chômage peut encore être vécu différemment par la société. Le funemployment a été créé aux Etats-Unis, fun signifiant amusement et unemployment se traduit par chômage, il s’agit donc de s’amuser en étant au chômage. Bien plus que cela, il s’agit même de se déculpabiliser de ne pas travailler. Profiter de tout ce temps libéré pour voyager, jardiner, bricoler ou même tout simplement sortir se balader ou lire, c’est le but du funemployment.

Ce concept arrive timidement en France et concerne principalement des trentenaires souvent célibataires et sans enfants, une situation synonyme de moins de frais et donc d’une plus grande souplesse de revenu. Plus qu’une notion, c’est devenu un réel mode de vie pour quiconque l’adopte. De nombreux sites sont consacré à ce mode de vie alternatif qui selon le site « elaee » répond même à des commandements. Le site propose donc « les tables de loi du funemployment » qui comptent 7 commandements comme par exemple :

commandement 1 : jeune active trentenaire, tu seras

commandement 2 : un sens à ta vie, tu donneras

commandement 7 : l’entreprise, tu réinventeras

Ce site n’est pas le seul à promouvoir le funemployment. Le blog mon amie chômeuse est réalisée par une jeune trentenaire qui a fait le choix de rester au chômage. Le concept de ce blog est simple : elle fait, teste, découvre pour les gens qui travaillent, ce qu’ils n’ont pas le temps de faire et le publie ensuite sur son blog.

Un phénomène en vogue

Cette tendance a déjà été soulevé il y a quelques années. Même si l’appellation de funemployment n’existait pas encore, Pierre Carles a pointé du doigt ce nouveau rapport des jeunes au travail, il parle de « déserteur du travail ». Son film  Attention Danger Travail réalisé en 2003 présente les témoignages d’une dizaine de chômeurs qui racontent pourquoi et comment ils ont décidé de ne plus travailler et de s’épanouir sans le travail. A l’époque le film qui s’attaque à la valeur travail a suscité de nombreuses réactions dans les médias : Le Monde, Le Progrès et bien sûr Alternatives Économiques se sont intéressés à la question.

A la fin du mois de novembre, ce nouveau phénomène de société a une fois de plus été mis en avant. L’émission de France 2, Envoyé Spécial du jeudi 25 novembre, a consacré une enquête à ce mode de vie alternatif qu’est le funemployment. Dans ce reportage, on évoque même la notion de « chômage professionnel ».

Le funemployment est certes un mode de vie alternatif qui reste minoritaire, mais la tendance générale va bien dans ce sens. Après avoir interviewer de jeunes américains, Courrier International tire un bilan de ce nouveau rapport au travail; aujourd’hui, les gens sont plus nombreux qu’il y a 40 ans à vouloir travailler moins pour bénéficier de temps libre. Quant aux jeunes salariés, ils ne cherchent pas les heures supplémentaires même si elles sont synonymes de meilleurs salaires.

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Responses

  1. A ce sujet, un article de eco89 ces parcours de moins en moins atypiques. Faut croire que la réforme des retraites à tendance à lancer de nouveaux débats de société.

    http://eco.rue89.com/2010/11/27/ces-trentenaires-qui-nont-plus-envie-de-se-lever-pour-bosser-177881

  2. […] et tenter de nouvelles expériences ». Mais ce phénomène, aussi appelé « funemployment « , reste pour l’instant plutôt […]


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