Publié par : Elodie Berland | décembre 3, 2010

Quand les municipalités organisent notre temps

L’enjeu

Voici venu le temps des nouveaux rythmes urbains, des horaires flexibles, synonymes de liberté, mais aussi de contraintes multiples. Aujourd’hui, c’est près d’1/3 des salariés qui travaillent avec des horaires flexibles, 48% qui travaillent le samedi, 25% le dimanche. Il s’agit alors de réussir à compiler son temps de travail parmi tous les autres (enfants, loisirs, courses, démarches administratives, transport). Concilier son temps de vie professionnelle et personnelle relève parfois du défi.

L’histoire

Des militantes du parti communiste italien déposent en 1988, un projet de loi intitulé « Les femmes changent les temps :  humaniser le temps de travail, les horaires dans la ville et le rythme de la vie ». Il faudra attendre deux ans pour que la loi soit adoptée, dans le but de “coordonner les horaires des commerces et des services publics ». Aujourd’hui, dans chaque ville italienne de plus de 30, 000 habitants, un bureau des temps est obligatoire.

A dimension européenne

L’Allemagne, l’Angleterre, l’Espagne, les Pays-Bas reprennent l’initiative tout comme l’Europe qui lance le projet Equal en 2001 et assume sa volonté de lutter contre ses discriminations.

A l’initiative de Lionel Jospin, un colloque est organisé en 2000 sur le « Temps des femmes, temps de villes ». A l’issue, le rapport Hervé, détaillé sur le site des jeunes socialistes,qui suggère un bureau des temps dans chaque ville de plus de 20 000 habitants. Sept villes de France (toutes de politique de gauche) jouent le jeu, Paris, Poitiers, Belfort, Marseille, Grenoble, Lyon et Rennes et multiplient les actions. Nancy, le territoire de la Gironde ou encore Chambéry font parti des derniers arrivants.

Concrètement

Désengorger les villes aux heures de pointe, réajuster les ouvertures des services publics, les bureaux de temps réalisent des études sur nos besoins temporels (transport, domestique, enfant, culturels).
Pour recueillir ces données précieuses, des temps d’échange sont organisés chaque mois via des concertations avec les citoyens (« mardis du temps » à Lyon.)

A Rennes, La nuit des « 4 jeudis » dans la rue de la soif tente de réguler les rassemblements des jeunes. Un site d’informations en ligne (TIC-TAC le temps à la carte) apporte informations sur les horaires des prestations de services. Et nouveauté, une crèche ouverte de 6h à 21h vient d’être créée.

L’’Espace Temps du Grand Lyon propose, quant à lui, des solutions en terme de covoiturage, navettes ou encore vélos en partage. En lien, le 23 septembre dernier, est organisé le 2ème challenge co-voiturage pour inciter les entreprises à sensibiliser leurs salariés à utiliser ce type de transport. En attente de gagnant…Parallèlement, la ville met à disposition en ligne un guide des services à horaires décalés.

Le Pays voironnais tente de son côté un décalage des horaires d’ouverture d’écoles par rapport aux périodes de pointe (plus tard, plus tôt).

Enfin, à Paris, toute une liste des équipements de loisirs accessibles de façon élargie est disponible, comme par exemple  l’ouverture de bibliothèques les soirs et week-ends.

Beaucoup de ces villes ont adhéré au réseau Tempo Territorial.

Le bureau des temps sont généralement composés d’élus, de représentants nationaux (Education nationale, SNCF), d’entreprises privées ou encore d’associations (de consommateurs ou d’insertion professionnelle par exemple).

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