Publié par : cleliagauthier | janvier 27, 2011

Travail indépendant : fausse liberté

Devenir travailleur indépendant, c’est dire adieu aux ordres donnés par son employeur, adieu aux horaires de travail imposés. Voler de ses propres ailes, quel rêve ! Mais attention, le désenchantement peut arriver rapidement.

Depuis 1945, le gouvernement français, s’est efforcé de réduire le travail indépendant au profit du salariat. Cette longue parenthèse touche sans doute à sa fin. En Europe comme aux États-Unis, les travailleurs indépendants représentent aujourd’hui une part de plus en plus importante. Selon des chiffres de l’OCDE publiés en 2003, le travail indépendant s’élève à environ 16% au Canada. Cette moyenne nationale est comparable à la majorité des pays dit  »industrialisés ». Désormais, ce type de travail est considéré comme un vrai contributeur à la création d’emplois. Il serait bénéfique pour la croissance économique (pdf ).

On comprend donc l’importance pour nos gouvernements à développer ce statut. Ainsi, beaucoup d’articles de sociétés privées vantent les mérites d’être indépendant. Gérer son temps de travail, ses activités quotidiennes et surtout réussir à mieux concilier son emploi et sa vie familiale. En bref, c’est plus de liberté que le salariat. Voilà ce qui est dépeint aujourd’hui.

Mais la réalité est bien différente. Le plus souvent, le temps de travail déborde sur le temps personnel, ce qui engendre un conflit emploi-famille. La gestion du temps est l’un des aspects les plus complexes et les plus importants du travail en autonomie. Il est facile de consacrer trop de temps à un aspect de son activité (ou de sa vie privée) au détriment d’un autre. Cette flexibilité des horaires pousse à travailler plus que les 8 heures légales, plutôt 12 heures par jour. Certains peuvent coupler cela au travail en soirée et le week-end. Selon les auteurs Parasuraman et Simmers, les travailleurs indépendants vivent un plus grand engagement (pdf p.7) dans leur rôle professionnel.

La sphère professionnelle à donc tendance ici a davantage s’immiscer dans la sphère privée. Selon un sondage (pdf à partir de la page 13) mené en 2007 par D-G Tremblay et E. Genin, professeures à l’Université de Montréal, seulement 31% des répondants estiment avoir plus d’avantages en termes de conciliation vie privée-vie professionnelle (à partir de la p.7).

Certains pensent que les risques de débordement du travail sur la sphère hors-travail n’est pas lié au statut mais à la pratique. Or, la pratique professionnelle est liée au statut. Difficile alors de changer sa façon de faire poux mieux concilier la profession et la famille.

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