Publié par : charlinecoeuillas | mars 4, 2011

« Le travail, non merci ! »

Le travail, raison d’être de l’Homme ? Voilà une hypothèse à laquelle Camille Dorival n’adhère guère. Dans son dernier livre, intitulé Travail, non merci !, sorti au mois de janvier, la journaliste d’Alternatives Economiques dénonce la sur-importance donnée au travail par le gouvernement Sarkozy.

« La « valeur travail » a été érigée en religion officielle du gouvernement. Le temps libre est devenu honteux. », déplore Camille Dorival, journaliste et auteur du livre Travail, non merci (dont l’introduction est disponible en PDF). Selon elle, depuis l’élection de Nicolas Sarkozy comme chef de l’Etat, le gouvernement français ne cesse de stigmatiser l’inactivité, parfois en se trompant de cible. Et de citer comme premier exemple la réforme sur le travail dominical. Celle-ci, dont l’idée fut émise en 2008 et finalement adoptée en 2009, avait alors déclenché de vifs débats. Permettait-elle de créer de nouveaux emplois ? Le « travailler plus pour gagner plus » intéressait-il vraiment les catégories de travailleurs concernées par le texte ? Pour Camille Dorival, ce n’était tout simplement qu’une mesure d’esbrouffe, visant à culpabiliser davantage les personnes sans emploi ou en emploi précaire.

« En réalité, elle visait surtout les individus déjà en emploi, accentuant ainsi le clivage entre insiders – les salariés en CDI à temps plein, à qui on propose en plus des heures sup’ – et les outsiders – les précaires, les chômeurs, qui pour la plupart aimeraient « travailler plus pour gagner plus » mais n’en ont, dans les faits, pas la possibilité. »

L’auteur souligne ainsi un usage déformé du préambule de la Constitution française de 1946, qui stipule que « chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ». Elle déplore ainsi la prédominance de la notion du devoir dans ces réformes qui oublient un peu vite celle de droit et n’aident en rien à l’accès à l’emploi aux catégories les plus en difficulté comme les jeunes et les seniors.

Le problème était le même pour la réforme de la retraite dont l’âge de départ devait passer de 60 à 62 ans. Si la France entière s’est mobilisée contre cette décision, c’est parce qu’elle n’apportait pas de véritable solution au malaise des personnes âgées. Car comment continuer à travailler plus longtemps lorsque les employeurs ne veulent plus de vous ? Lorsque vous êtes les premiers à être mis en chômage partiel ?

Pour dénoncer cette mise en avant trop poussée de la « valeur travail », au mépris des autres moyens par lesquels une personne peut être reconnue, Camille Dorival a réuni dans son ouvrage les portraits de personnes refusant d’entrer dans ce système, estimant ne pas travailler volontairement. L’auteur reste néanmoins réaliste : parmi les nombreux non-travailleurs français, ces « inactifs volontaires » restent une minorité (dont le blog Mon amie chômeuse donne le point de vue avec humour). La plupart « feraient avec », faute de mieux.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :