Publié par : Elodie Berland | mars 4, 2011

Etre multitâche, attrayant mais pas toujours efficace

Travailler tout en répondant à son courrier ou au téléphone, un œil sur la télé et un autre sur l’écran du tchat, le “multitasking” c’est la capacité présumée de faire plusieurs choses à la fois.
Face à la multiplicité du flux d’informations qui nous entoure, forte est la tentation d’y céder.

Aujourd’hui, cette notion arrive dans notre quotidien et plus particulièrement dans l’organisation de notre journée personnelle et professionnelle.
Les scientifiques se sont penchés sur le sujet, avec un constat nuancé. Faire plusieurs choses à la fois n’augmenterait pas la productivité.

Une incapacité mentale

Dans la revue américaine Sciences, les deux psychologues Étienne Koechlin et Sylvain Charron publient une étude visant à démontrer notre incapacité à faire plusieurs choses à la fois. Pour ce faire, ils créent une mise en scène où les participants se voient proposer une, deux puis trois activités à réaliser. Chaque nouvelle tâche venait s’ajouter à la tâche en cours, et force l’individu à basculer sur un nouveau travail, l’obligeant à annuler sa première activité.

Pendant ce temps, les deux spécialistes analysent l’activité des deux lobes frontaux. Ils constatent alors que ceux-ci sont actifs quand le sujet est confronté à une seule activité. Puis, lorsqu’il faut traiter deux tâches en même temps, chaque lobe frontal est alors affecté à une tâche bien précise. Quand une troisième activité se lance, le nombre d’erreurs explose et le temps de réponse devient alors médiocre.

Un parallèle avec le système informatique

A l’origine le « multitasking » désigne un système d’exploitation, permettant d’exécuter, de façon simultanée, plusieurs programmes informatiques. C’est la multiprogrammation. Les développeurs et analystes-programmeurs savent bien que le travail morcelé prend plus de temps et qu’il est plus facile de travailler efficacement quand on est échauffé, en rythme de croisière. Si on doit s’arrêter pour une raison ou une autre, la reprise est longue et laborieuse.

Des études menées par IBM et Microsoft montrent qu’aux Etats-Unis, un salarié moyen gaspille environ 2,1 heures par jour à cause des distractions causées par le multitâches. Chez Microsoft, certains ordinateurs sont dotés d’un système qui analysent la manière de travailler des employés. Il s’avère que le simple fait de prendre connaissance d’un courrier électronique peut prendre jusqu’à un quart d’heure du temps de travail et amener l’employé à être distrait de son travail pendant près d’une heure, afin de se consacrer aux tâches induites par le message reçu.

Multitâche non, switcher pourquoi pas

Selon le professeur Clifford Nass du département de psychologie de l’Université de Standford, gérer en même temps un flux twitter, un flux facebook, répondre à quatre emails tout en lisant un article peut entraîner de graves troubles sur le plan cognitif. Selon lui, il ne faut pas confondre la capacité à “switcher” d’une activité à une autre avec celle d’être multitâche. Il est en effet possible de transférer l’attention et l’énergie d’un sujet à un autre de manière très rapide. Cependant, la quantité trop importante d’informations empêcherait la personne de reprendre le leadership sur le contenu de son travail et de se faire littéralement submerger. Et de devenir un champion de la non pertinence où tout le distrait.

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Responses

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