Publié par : Olivier Caryec | mars 15, 2011

« Au secours, nous mourrons »

Malgré l’euphorie de rigueur du salon de l’agriculture, ce secteur économique primaire est en crise totale. Quelques media osent en parler…

Le suicide, c’est évident, est toujours la marque d’un mal être. Dans son édition du 25 janvier dernier, Le Monde consacrait un article au taux de suicide, trois fois plus élevé chez les agriculteurs que chez les cadres. Dans cet article, Linda Maziz revient sur le parcours de plusieurs professionnel de l’agriculture. Tous évoquent d’une seule voix un ras-le-bol général. Des heures passés dans les fermes, dans les champs, sur les bateaux, sans jamais compter les efforts. Parce que malgré tout, l’agriculture est un métier de passionnés. Aujourd’hui, près de 82% des jeunes agriculteurs qui s’installent, ne sont pas des enfants d’agriculteurs. Une statistique qui démontre que le temps de l’héritage de la charge de paysan, comme on l’entendait au début du XXe siècle, est révolu.

Fini aussi le temps où les agriculteurs vendaient leur production presque instantanément. Les prix sont fixés par les centrales d’achats des grandes surfaces et les agriculteurs n’ont plus la main sur l’indexation des prix des matières premières. Une situation, dénoncée par Pierre Priolet, arboriculteur dans le Var. A première vue, ce nom n’évoque rien a personne. Qui s’est déjà intéressé à un arboriculteur Varois? Il suffit d’une vidéo pour mieux comprendre la détresse de cet homme de la terre. Par la suite, cet illustre inconnu a fait le tour des plateaux télés. Il a pour ainsi dire, délaissé sa terre pour devenir en quelque sorte un porte parole du monde de la paysannerie. C’est la première fois qu’un agriculteur arrive sur un plateau télé. C’est la première fois que ce n’est ni un représentant d’une organisation syndicale, ni un paysan interrogé dans la rue lors d’une manifestation qui parlait. Là, c’était vraiment la première fois que l’homme de la terre avait le droit au sacro saint temps de parole. Devenu un hégérie de l’agriculture, Pierre Priolet est probablement devenu une victime du système médiatique. A chaque fois que l’on veut faire parler un agriculteur, sans langue de bois, c’est lui que l’on interroge. A ce moment là, le Varois quitte pommes et poires pour se rendre dans les studios feutrés des grandes chaînes de télévisions. Ainsi, il prend sur son temps de travail pour devenir le porte voix de ceux qui n’ont pas les moyens de monter crier leur désarrois. Au risque très probable de perdre du temps dans ses productions.

A noter que le même homme a également pris le temps d’écrire un ouvrage: Les fruits de ma colère. De là à dire que cet agriculteur dispose de (beaucoup) de temps, il n’y a qu’un pas, que l’on n’oserait franchir, quoi que… Après tout, ils sont nombreux les agriculteurs en colère, mais combien sont ils à débarquer sur les plateaux télés pour dénoncer les conditions de travail?

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