Publié par : cleliagauthier | mars 21, 2011

Profession « Cadres » : flexible à merci

Flexibilité, extensibilité, malléabilité, souplesse. Autant de mots pour caractériser le temps de travail des cadres. Depuis la loi Aubry 2 qui légifère les 35h, les cadres sont au forfait-jours. Autrement dit, peu importe le nombre d’heures travaillées.

Les cadres : profession flexible

Réduire la durée de travail sur l’année, c’est le but des forfaits-jours. Depuis la réforme de 2008, les cadres sont rémunérés par jours travaillés car leur temps de travail ne peut pas être prédéterminée. Soumis au forfait-jours, les cadres ne peuvent pas dépasser les 235 jours par an. C’est 20 jours de travail en moins par rapport à un travailleur aux 35h. Moins de jours travaillés, mais des journées voire des semaines à rallonge. Sous ce contrat, le cadre excède les durées légales du travail : 10h par jour et 35h par semaine.

 

De vraies garanties de compensation ?

Les seules garanties sont les minimas de repos quotidien (11 heures de repos consécutives) et hebdomadaire (35 heures de repos consécutives). Ainsi un salarié qui travaille en forfait annuel en jours peut travailler jusqu’à 13 heures par jour et cela 6 jours sur 7, soit 78 heures de travail hebdomadaire. Pas mal quand on sait qu’une semaine compte 168 heures. Il ne leur reste plus que 90h pour leur temps libre contre 133h pour une personne aux 35h.

Pour compenser de telles amplitudes des journées de travail, l’amendement de 2008 précise que le seuil de 235 jours « a notamment pour conséquence de garantir deux jours de repos par semaine aux salariés ». Si les travailleurs dépassent les 218 jours sans pouvoir les récupérer, ils seront majorés de 10%.

Ces compensations sont mal reçues pas les syndicats. Pour eux, les cadres deviennent corvéables à merci. Les 235 jours supprimeraient certaines garanties comme les RTT et les jours fériées. Le risque majeur, selon Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC, syndicat des cadres, est alors l’état d’épuisement nerveux extrême. Un état, considéré comme une maladie professionnelle, qui est de plus en plus fréquente.

À l’origine, le forfait-jours devait réduire le temps de travail. Or, le contraire se produit.Une étude de l’Insee montrent que les cadres sont très peu concernés par la baisse de temps de travail. Il aurait été réduit de seulement 45 minutes contre 140 minutes pour tous salariés confondus.

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Responses

  1. […] Être « cadre » se caractérise par un grand dévouement à l’entreprise, parfois au détriment de sa vie privée. La durée de travail des cadres est impossible à déterminée. D’où une contractualisation au forfait-jour. […]


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