Publié par : unbeaufabangui | avril 1, 2011

Tous prédictologues !

De l’Oracle de Delphes à l’avènement du principe de précaution dans tous les domaines, l’homme tente de savoir et de mesurer ce qui peut lui arriver. Aujourd’hui, tout incite à succomber à cette mode de la prédiction. Entre les sites de rencontres qui calculent la compatibilité entre deux personnes ou les succès des romans de K. Dick au cinéma, l’engouement des contemporains pour la prédiction prend assurément un tournant, parfois drôle, parfois dramatique.

Récemment, la plateforme participative du site du quotidien New York Times a lancé ce débat Why Do We Need Prediction? . Un panel de chercheurs, d’auteurs et même d’internautes continuent de répondre à cette interrogation plurimillénaire. Mais l’avantage est que cette « chambre des débats » 2.0, relayée par de nombreux sites de data journalisme, laisse s’exprimer de nombreuses sensibilités. Par exemple, pour Sherry Turkle, écrivaine et professeure au M.I.T, la prédiction «n’est pas de gagner un pari sur ce que le futur sera, mais exprimer l’espoir d’un futur que nous aimerions peut-être avoir. » D’autres ont beaucoup d’esprit comme l’écrivaine Stacy Schiff. Dans sa contribution au débat, elle s’amuse de ses contemporains apprentis prédictologues, ceux qu’ont tout vu, tout fait et qui en plus nous « l’avaient bien dit » : «Ces mêmes forgerons extrapolent maintenant leur grand savoir du passé en une réflexion parfaitement raisonnée sur le futur. » Une autre idée est celle exprimée par le géologue Simon Winchester. Fort de sa spécialité, le scientifique affirme que: «Les sciences dures ont sans doute un meilleur palmarès à leur actif que d’autres prophètes modernes, que ce soient des économistes ou des religieux.. » Tout ça pour dire qu’un jour notre espèce s’éteindra.

Prédire au lieu de prévenir

Cette semaine, une récente enquête de Sonya Faure dans Libération s’inquiétait d’une probable dérive de la justice française : prévenir la récidive grâce à une méthode de calcul. Une pratique déjà utilisée en Amérique du Nord. D’après l’article, cette méthode « évaluent les risques de récidives chez un délinquant à partir de questionnaires standardisés.» Concrètement, ce système doit permettre à la justice une meilleure connaissance du délinquant évalué et une meilleure assurance contre la récidive. Dans cette enquête, l’avocate Isabelle Dréan-Rivette, docteur en droit,  s’inquiète : «Cette méthode transpose au comportement humain des méthodes probabilistes, mises au point par les assureurs pour calculer les risques : au même titre qu’on étudie vos probabilités de vivre vieux avant de vous donner un prêt, on calcule le risque de récidive d’un délinquant sexuel». Heureusement, personne n’a encore pensé à l’appliquer à des enfants turbulents de 3ans…

La prédiction : un business

Le blog états-uniens Beansight a trouvé un filon prometteur : la création d’une plateforme à prédictions. Le but : centraliser les nombreux internautes qui traînent sur les forums de discussions, twitter ou autres sites participatifs, puis les amener à faire des prédictions qui seront ensuite notées selon si elles se réalisent.. ou pas. Ici, rien à gagner sinon le plaisir de dire à son collègue : « Je te l’avais bien dit, regarde, c’est écrit. »



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